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L'AMF française fait pression sur les entreprises crypto sans licence avant l'échéance MiCA : votre carte USDT dans l'UE est-elle concernée ?

2026-05-29

L’Autorité des marchés financiers (AMF) française relève rapidement son niveau d’avertissement envers les entreprises crypto à l’approche de l’échéance de la période de transition MiCA. Selon Reuters, l’AMF indique clairement que les entreprises crypto qui, fin juin, n’auront toujours pas obtenu de licence européenne mais continueront de proposer leurs services à des clients européens, pourraient faire l’objet de mesures fermes — inscription sur liste noire, poursuites judiciaires, voire sanctions pénales. La présidente de l’AMF, Marie-Anne Barbat-Layani, l’a formulé ainsi : « Il devient très, très urgent de finaliser les demandes de licence. » C’est l’un des signaux les plus directs émis par un régulateur d’un État membre unique concernant l’exercice sans licence, à l’heure où MiCA s’applique pleinement.

Décryptage éditorial : quels utilisateurs de cartes USDT sont concernés

Commençons par la conclusion : cette pression de l’AMF vise les prestataires de services sur actifs crypto (CASP) qui s’adressent à des clients européens sans détenir de licence MiCA, et non les porteurs de cartes en tant que tels. Mais dès lors que la chaîne d’émission en amont subit une pression, les produits de cartes en aval s’ajustent en conséquence.

Les produits à surveiller en priorité sont ceux dont le BIN est enregistré dans l’UE et dont l’entité émettrice ou le partenaire dépend d’un agrément réglementaire européen. Des émetteurs comme Wirex, historiquement implantés sur le marché de l’UE via une trajectoire EMI / CASP, sont au cœur de ce contrôle des licences MiCA — pour l’avancement précis de sa licence, mieux vaut consulter directement les informations sur l’entité émettrice compilées dans notre évaluation de Wirex. Il en va de même pour les produits Crypto.com relevant d’une trajectoire réglementaire européenne : l’évaluation de Crypto.com Visa détaille la répartition de ses entités de conformité selon les régions.

En comparaison, les produits opérant sur des lignes Asie-Pacifique, dont le BIN n’est pas européen, présentent une exposition directe bien plus faible dans ce dossier. Notre sélection éditoriale, MPCard, mise sur des Visa de ligne Asie-Pacifique de type Asia Elite dont la chaîne d’émission ne dépend pas du régime de licence de l’AMF française — cet événement n’a donc pas d’impact réglementaire direct sur ce produit. Mais pour les utilisateurs situés dans l’UE qui souhaiteraient utiliser une carte à BIN non européen pour contourner MiCA, c’est justement un autre point de risque — développé plus loin.

Fenêtre temporelle à anticiper :

Comparaison historique : en quoi ce moment diffère du calendrier législatif MiCA de 2024

Le calendrier législatif de MiCA n’a rien de nouveau : les dispositions sur les stablecoins (Titre III/IV) s’appliquent depuis le 30 juin 2024, les dispositions CASP sont pleinement entrées en vigueur le 30 décembre 2024, et chaque État membre peut instaurer une période de transition d’au maximum 18 mois. Depuis plus d’un an, le marché a globalement traité cette période de transition comme un « tampon » — de nombreux émetteurs continuant d’exercer tout en complétant leurs dossiers.

Ce qui reste identique par rapport au passé : la doctrine réglementaire demeure « obtenir la licence d’abord, servir les clients européens ensuite » — la logique n’a pas changé.

Deux éléments diffèrent. D’abord, le rythme est passé d’un « compte à rebours législatif » à un « compte à rebours d’exécution » — les propos de Marie-Anne Barbat-Layani, « très, très urgent », signalent que la période de grâce touche à sa fin. Ensuite, la mention explicite des sanctions pénales, et non plus seulement des amendes administratives, change la donne. Cela n’a rien à voir avec un événement de type « risque de marché » comme le bref décrochage de l’USDC en 2023 : ce décrochage relevait d’un problème de liquidité, résolu en quelques jours ; l’application de MiCA, elle, est un seuil structurel de licence — une fois la ligne franchie, c’est un basculement binaire entre conformité et non-conformité, qui ne se « résorbe » pas de lui-même.

Limites de conformité : ce qui relève de la zone grise et ce qui est déjà tranché

Selon le cadre MiCA actuel et les déclarations de l’AMF, on peut établir la distinction suivante :

Un point mérite d’être rappelé, souligné à plusieurs reprises par l’ESMA elle-même : MiCA réglemente l’acte de « fournir un service à des clients de l’UE », et non le lieu d’enregistrement du BIN de la carte. Ainsi, « être résident de l’UE et utiliser une carte à BIN Asie-Pacifique » n’exonère pas automatiquement — le régulateur regarde l’accessibilité du service, pas l’origine géographique du BIN. Pour un détail des frontières côté UE, consultez notre guide de conformité UE pour les cartes USDT, qui décompose les obligations respectives de MiCA pour les porteurs de cartes et les émetteurs. Le texte original des déclarations de l’AMF est consultable via le reportage de Tokenpost.

Points clés à surveiller dans les prochaines semaines

  1. Fin juin : l’échéance « souple » fixée par l’AMF pour les licences — surveiller si des émetteurs spécifiques sont nommément visés ou réduisent volontairement leur activité en Europe.
  2. Fin juin – début juillet : les pages de conditions de service et annonces officielles de Wirex, Crypto.com et autres émetteurs européens — les modifications de conditions précèdent souvent les communiqués de presse.
  3. Effet domino après la France : voir si la BaFin allemande ou la CBI irlandaise adoptent un calendrier d’exécution similaire, ce qui déterminerait s’il s’agit d’une initiative française isolée ou d’un verrouillage coordonné à l’échelle de l’UE.
  4. Au niveau de l’ESMA : la publication éventuelle de lignes directrices plus précises sur les services transfrontaliers et l’accès de fournisseurs de pays tiers aux clients de l’UE.

Recommandations éditoriales

En période de durcissement réglementaire, un seul principe compte vraiment : ne prenez pas de décision majeure et irréversible autour de la date d’échéance. Attendez que la poussière retombe sur les licences avant de décider où placer vos fonds.